La start-up néerlandaise d’aquaculture, dirigée par Daniel Hooft, vise le marché européen des biostimulants végétaux, à la faveur d’un nouveau règlement sur les matières fertilisantes et support de cultures qui entrera en application dans l’UE en juillet.
Les marchés africains sont également ciblés, tandis que la crise alimentaire qui se profile, en raison de la guerre en Ukraine, accentue la nécessité de développer une agriculture locale durable.
« Nous avons reçu des lettres d’intention de grandes compagnies et multinationales françaises et suisses qui souhaitent réserver une part de la production à venir de biostimulants », confie Valentin Pitiot, responsable du développement de marché chez Kelp Blue, basé à Amsterdam. Valentin Pitiot est ingénieur agro de formation, diplômé de l’Istom, spécialisé en aquaculture.
Avec son projet de mégaferme de varechs géants sur une structure immergée au large de la ville portuaire de Lüderitz, en Namibie, Kelp Blue entend produire 100 000 litres de biostimulants par an dès juin 2023 à partir de son pilote d’un hectare et demi, puis 70 millions de litres de biostimulants en 2028, grâce à la culture de 800 ha de varechs géants (Macrocystis). Ce qui constituerait une première mondiale. Concrètement, il s’agit de récolter la canopée de cette « forêt sous-marine » et d’en tirer des stimulants organiques qui permettent aux plantes de devenir plus résistantes face au stress hydrique et de limiter le recours aux protections et engrais chimiques.
« Les premiers tests sont très concluants (…). La croissance des varechs est extrêmement rapide. Les algues atteignent déjà 2 mètres. La phase pilote devrait simplement confirmer ces tests et l’efficacité du biostimulant que nous sommes en train de développer », indique Valentin Pitiot.
Kelp Blue lance par ailleurs un projet de R&D pour établir une bioraffinerie afin de développer des sous-produits de Macrocystis (des molécules, par exemple, qui pourraient être utilisées dans la lutte contre le cancer).
Kelp Blue a obtenu une licence en 2021 pour cultiver du varech géant au large de la Namibie. La société assure son développement sur fonds propres et a reçu des financements de business angels ainsi que du fonds namibien Eos Capital et de Climate Fund Managers (détenu par la banque hollandaise FMO et le groupe sud-africain Sanlam).
En avril dernier, la compagnie diamantaire De Beers, filiale d’Anglo American, a apporté, elle, 2 millions de dollars. Le groupe De Beers, actif en Namibie, y voit l’opportunité de générer des crédits carbone en ligne avec ses objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2030 ; la séquestration du CO2 par les algues est en effet dix fois supérieure à celle d’une forêt primaire comme l’Amazonie.
Le marché mondial des biostimulants (de toutes origines) est aujourd’hui évalué à 2 milliards d’euros, avec une croissance de 10 % par an depuis cinq ans.
Couverture photo: algues géantes © Kelp Blue


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