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Le géant de l’assurance développe de nouveaux produits et partenariats pour aider les gouvernements africains à faire face aux impacts du changement climatique.

Axa Climate, entité dédiée à l’adaptation climatique et environnementale du groupe d’assurances Axa, a été retenue par la Global Risk Modelling Alliance (GRMA), au terme d’un appel d’offres, pour un projet à Madagascar. Celui-ci vise à modéliser les huit risques de catastrophes climatiques extrêmes touchant la Grande Île, mais aussi à aider les pouvoirs publics à développer leur propre expertise pour faire face au changement climatique. 

Madagascar est particulièrement exposé aux cyclones tropicaux, inondations, sécheresses, tempêtes de sable rouge, glissements de terrain, invasions de criquets, érosion côtière et feux de forêt. L’île fait partie du V20, un club formé en 2015 par les 20 pays les plus vulnérables au changement climatique. C’est le V20 qui a cofondé, avec la fédération de l’industrie de l’assurance Insurance Development Forum, le GRMA, lui-même destiné à trouver des solutions d’analyse de risques aux États vulnérables. Financé par le gouvernement allemand, le GRMA est aujourd’hui déployé à Madagascar, au Nigeria, au Pakistan et au Costa Rica.

Plateforme en open data et collaborations

À Madagascar, Axa Climate coopère avec le bureau local du cabinet de conseil et d’ingénierie Artelia et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) français pour analyser et cartographier les aléas, former les experts malgaches et appuyer la Cellule malgache de prévention et d’appui à la gestion des urgences (CPGU).

Axa Climate travaille aussi à la mise en place d’une plateforme unique, en open data, pour mieux gérer les données sur les aléas, les capacités, la vulnérabilité, ainsi que les dommages et les pertes. Ces données proviennent de la Nasa et du programme européen Copernicus, mais elles sont également alimentées par des sources locales.

« L’objectif, à terme, est d’outiller les autorités malgaches afin qu’elles puissent mieux surveiller ce qu’il se passe sur le territoire, lancer des bulletins météo sur les risques ou encore des alertes précoces. C’est aussi leur permettre de discuter et de négocier au mieux avec les bailleurs internationaux lors de la mise en place de programmes climat, d’aller chercher des financements sur l’adaptation, de contracter en connaissance de cause des assurances climatiques paramétriques », nous explique Eliot Pernet, adjoint du département secteur public d’Axa Climate.

Nouveaux produits d’assurances paramétriques

Avec la Gambie, le Rwanda et la Somalie, Madagascar fait partie des quelques pays dans le monde appuyés par le Global Shield Against Climate Risks, une initiative lancée lors de la COP27. Elle considère l’assurance comme un outil des pertes et dommages pour indemniser les pays du V20 frappés par une catastrophe naturelle. Le Global Shield a vocation à soutenir la création de nouveaux mécanismes assurantiels. Il doit aussi supporter une partie des primes d’assurances paramétriques adressées aux États par les groupes d’assurances comme l’African Risk Capacity (ARC), l’un des plus gros assureurs du continent. 

Dans ce contexte, la division secteur public d’Axa Climate travaille aujourd’hui à la structuration de produits d’assurances paramétriques qui permettent une indemnisation rapide lorsque l’aléa climatique franchit un seuil convenu au préalable. Les instruments développés par Axa Climate luttent plus particulièrement contre les inondations et sont destinés à des villes au Nigeria (Lagos), au Togo (Golfe 1 et Golfe 7 à Lomé, ainsi que Kpalimé), au Sénégal (Pikine) et en Centrafrique (Bangui). 

« L’idée est de créer et de proposer, en amont, un business model qui permette d’assurer la municipalité ou un quartier contre les inondations. Avec, in fine, une prise en charge de la prime d’assurance par l’aide internationale à hauteur de 75 % environ. Ce produit est ensuite placé sur le marché, et c’est l’assureur le plus compétitif qui signera un contrat avec la ville », explique Eliot Pernet.

Couverture photo: vue aérienne de Lomé au Togo © Shutterstock

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