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Avec près d’un million d’hectares dédiés à l’élevage et aux grandes cultures, le holding de l’entrepreneur belge vise la souveraineté alimentaire dans le Grand Katanga en 2030.
Depuis qu’il s’est retiré du conglomérat Groupe Forrest International, laissant les commandes à son fils Malta, George Forrest a pour ambition de nourrir les 10 millions d’habitants du Grand Katanga et de contribuer à la souveraineté alimentaire de la RDC. Pour ce faire, il a monté le groupe agroalimentaire GoCongo Holding Belgium (GoCongo). Celui-ci réalise près de 150 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et vise 200 millions d’euros l’année prochaine.
Avec cette entreprise, l’homme d’affaires vise la souveraineté alimentaire du Grand Katanga d’ici à 2030. « Mon modèle, c’est le Brésil, son agriculture intensive et ses grandes exploitations […]. Nous sommes les seuls aujourd’hui à faire du blé au Congo, et nous avons réussi. Nous avons semé 4 000 ha. L’objectif est de planter 10 000 ha dans les cinq ans pour ne plus avoir à importer de blé pour la région du Grand Katanga. Nous avons également 5 000 ha de maïs et visons 20 000 ha d’ici à 2030 », confie George Forrest à Africa Business+.

Elevage, grandes cultures et agro-industrie
Pour décliner ses ambitions dans le pays qui l’a vu naître, l’homme d’affaires réinvestit depuis 2021 entre 30 et 50 millions de dollars par an à travers GoCongo. Des montants financés pour partie sur fonds propres et avec le soutien de prêts contractés auprès de banques locales, en particulier la Banque commerciale du Congo (BCDC), la TMB et Rawbank. « Les banques européennes ne suivent pas », regrette George Forrest.
Les investissements vont à l’élevage, aux grandes cultures, maïs, blé, soja et bientôt riz, ainsi qu’à l’agro-industrie. GoCongo possède près d’un million d’hectares, un cheptel de 60 000 têtes de bétail et la biscuiterie Relacom (Extra Bisco, Baby Food, VAP), dont la production doublera d’ici à la fin de 2025 pour atteindre 72 000 tonnes par an. GoCongo, né de la fusion en 2021 de l’entreprise d’élevage Grelka de George Forrest avec GoCongo Enterprises de l’entrepreneur Aziz Khabirpour, emploie aujourd’hui 2 000 personnes.
« La chance que nous avons au Congo, c’est que la terre est vierge, il n’y a donc pas besoin de beaucoup d’engrais […]. La RDC doit encourager la venue des investisseurs privés et, pour cela, il faut modifier le Code agricole pour leur donner plus de contrôle. Actuellement, tout projet doit être détenu à 51 % par des intérêts congolais. L’État congolais doit également réserver de grandes terres aux investisseurs, de 10 000 ha jusqu’à 50 000 ha, en exigeant qu’ils produisent », plaide George Forrest.
Couverture photo: grande culture dans le Grand Katanga, © GoCongo Holding Belgium


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