Le Carbon Disclosure Project s’étend à l’Afrique du Sud

Les Afriques

Pour la première fois, les 40 premières compagnies cotées sur le Johannesburg Stock Exchange sont interrogées par le Carbon Disclosure Project (CDP), sur leurs efforts en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi elles : le groupe pétrochimique Sasol, les entreprises de télécommunications MTN et Telkom ou le groupe Sappi, dans le secteur papier.

Le rapport du CDP est attendu en octobre prochain. Initié par Merrill Lynch, le CDP regroupe près de 280 investisseurs institutionnels dans le monde, gérant des actifs de plus de 41 000 milliards de dollars. Face au changement climatique, la stratégie environnementale des entreprises devient un critère de notation, un risque à considérer au même titre que le risque de change ou de taux ; particulièrement vrai dans les secteurs de l’assurance ou du tourisme. Avec le Brésil et l’Asie, l’Afrique du Sud figure la troisième zone « émergente » à l’étude. Depuis 5 ans, l’enquête du CDP couvre les 500 premières entreprises au monde (FT500), notamment en Amérique du Nord, en Europe et en Australie.

L’environnement est devenu « un business », susceptible d’influencer les orientations des grandes banques et sociétés. Dans son rapport « State and Trends of the Carbon Market 2007 », la Banque mondiale indique que le marché du carbone, actuellement porté par les plateformes d’échange européennes principalement, a quasiment triplé pour atteindre 30 milliards de dollars en 2006. Les certificats de réduction des émissions seront échangeables sur le marché international à partir de 2008. Selon UBS, le groupe financier suisse, la tonne de CO2, devrait alors atteindre 30 euros.

En raison d’un système bancaire et d’un tissu industriel peu développé, le continent africain représente pour l’heure seulement 3% des certificats émis (20 projets), loin derrière la Chine (61%) et l’Inde (12%). Mais l’Afrique du Sud pourrait sortir du lot en raison de la plus grande sophistication de son économie. Dans le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP), six projets écologiques, générant des crédits carbone, sont en vigueur en Afrique du Sud, Ils sont portés par les autorités publiques à Durban et Cape Town ou par des sociétés privées, à l’instar de South African Breweries et Sappi Kraft.

Parallèlement, la question de l’après Kyoto pour les pays émergents en 2012 reste en suspens. Pour l’instant, ces derniers n’ont pas l’engagement de réduire leurs GES. A l’exemple de la Chine, en passe de devenir le plus gros pollueur de la planète, l’Afrique du Sud tire plus de 75% de son électricité du charbon. Son électricité, produite par Eskom, est parmi les moins chères au monde, mais elle lui confère aussi le rang de 19ème émetteur de CO2. Si les objectifs de Kyoto devenaient contraignants, les pays émergents ne pourraient guère s’affranchir longtemps d’une politique nationale de réduction des gaz à effet de serre.

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