Le Maroc à la conquête de l’Afrique

Les Afriques

Les entreprises marocaines se déploient sur le continent, dans des secteurs aussi diversifiés que le BTP, la finance, les télécoms ou la gestion de services publics. Pour la SFI, les opportunités sont bien présentes.

«C’est le moment idéal pour investir en Afrique (….) la politique macroéconomique est bien meilleure, l’inflation maîtrisée, le taux de change stable, les engagements en faveur du secteur privé n’ont jamais été aussi forts ». Les propos sont d’Abdelkader H. Allaoua, directeur de la région Maghreb pour la Société financière internationale (SFI). Donner envie aux entreprises marocaines de sortir de leurs frontières, la SFI, bras armé financier de la Banque mondiale, s’y emploiera tout au long du colloque « Afrique sub-saharienne : Enjeux et opportunités pour l’investissement privé», organisé à Casablanca, avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Et de rappeler qu’en l’espace de 4 ans, le volume d’investissements de la SFI sur le sous-continent a été multiplié par 10 pour atteindre 1,4 milliard de dollars en 2007 dans 17 pays. En Afrique du Nord et au Moyen Orient, ce volume s’établit aujourd’hui à 1,2 milliard de dollars ; des chiffres record pour l’institution.

Pour Saad Kettani, vice président de la CGEM, « les entreprises marocaines ont atteint une taille critique qui leur permet de sortir de leurs frontières notamment dans les secteurs de la banque, des télécoms ou du BTP ». L’Afrique est un débouché naturel, un terrain sur lequel peuvent se battre les entreprises marocaines, où les places sont encore à prendre, à contrario de l’Europe. Le Maroc entretient par ailleurs des relations séculaires et une proximité culturelle avec le continent.

Sur l’Afrique de l’Ouest, Attijariwafa Bank et Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE) sont citées en exemple, de même que l’Office national d’électricité (ONE) et l’Office national de l’eau potable (ONEP) en Afrique centrale. Le « couac » de la Royal Air Maroc (RAM) au Sénégal est à relativiser. Dans l’ensemble, souligne M. Kettani, « les échos sont bons ». Volontarisme et optimisme font bon ménage.

Mais pour l’un des responsables du groupe Chaâbi présent dans l’assistance, l’expérience africaine peut s’avérer amère. «Nous avons investi beaucoup d’argent en Algérie, en Tunisie, au Sénégal (…) mais nous avons eu aussi beaucoup de déception, notamment au Sénégal (…) en raison de lobbies politiques et religieux ». « L’accès au foncier est un véritable  parcours du combattant (…), en particulier au Sénégal», ajoute Kamal Sebti, de la société Fenie Brossette. Le recouvrement de créances pose problème. Les financements ne se débloquent pas si facilement.

La SFI, qui souhaite accompagner les entreprises marocaines dans leur expansion, propose conseil, assistance technique, intermédiation, prêts. Le focus est mis sur le financement des PME et les initiatives post conflit, comme le soutien au secteur minier, agroalimentaire ou touristique en République démocratique du Congo. La RDC est le pays le plus mal classé en Afrique, souligne d’ailleurs l’enquête Doing Business 2008 de la Banque mondiale, qui recense les efforts entrepris pour améliorer le climat des affaires. D’après cette enquête, l’Egypte est le pays le plus réformateur, suivi des pays anglophones, Ghana en tête, et Kenya. En fin de liste, figurent les pays qui ont traversé des crises.

Pour autant, souligne Oumar Seydi, représentant régional de la SFI pour l’Afrique centrale, les « conflits ont largement diminué, la stabilité politique est plus grande dans nombre de pays, en RDC mais également au Liberia, en Sierra Leone, en République centrafricaine ou en Côte d’Ivoire ». Et les besoins sont criants dans le domaine des infrastructures. Pour les entreprises marocaines, les opportunités sont présentées dans les secteurs des marchés financiers, des télécommunications, de l’énergie, des mines, du tourisme et de l’agro-industrie. Derrière l’Afrique du Sud, le Maroc est le second investisseur africain sur le continent et le premier en Afrique de l’Ouest. Des investissements déjà extrêmement « diversifiés », souligne Abdelkader H. Allaoua. Et qui ne demandent qu’à se poursuivre.

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