Casablanca: Ubisoft recherche passionnés de jeux vidéo

Les Afriques

rayman

Récemment dans les bacs, « Rayman contre les Lapins Encore Plus Crétins », le dernier opus de l’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft revendique sa filiation marocaine. Sorti tout droit du studio de Casablanca, ce jeu grand public est le fruit de neuf mois de travail et de collaboration entre l’équipe marocaine, une cinquantaine de personnes, pour la partie création, design et informatique, et les autres filiales du groupe dans le monde.

Au Maroc, l’aventure d’Ubisoft, qui a démarré il y a une dizaine d’années, se poursuit de plus belle. Aujourd’hui, le studio de Casablanca travaille sur deux projets en parallèle. Un déménagement est prévu prochainement sur le site de Casashore et d’ici 2010, l’effectif devrait être porté à 200 personnes, soit un effectif global multiplié par plus de trois (la filiale marocaine compte aujourd’hui 65 salariés). Principalement, des jeunes diplômés d’écoles informatique, d’infographie ou des Beaux Arts, et aussi quelques profils autodidactes. Leur point commun ? Une passion débordante pour l’univers des jeux vidéo ou comment travailler tout en s’amusant. Le Maroc est le seul pays en développement à accueillir un studio de production de jeux vidéo, aux côtés d’autres plateformes de production en Chine, en Roumanie et en Bulgarie, pour les économies émergentes.

 « Le choix du Maroc s’est fait très tôt, à une époque où il existait peu de studios à l’international. Il s’explique par le bon niveau des ingénieurs locaux, ainsi que l’ouverture culturelle et l’utilisation de la langue française (…) Nous bénéficions également des avantages de la stratégie offshoring mise en place», explique Cyril Vermeil, directeur d’Ubisoft Maroc. Si le coût de la main d’oeuvre est un critère, le savoir faire, la créativité et la réactivité sont incontournables. Pour répondre aux besoins d’un secteur en pleine croissance, la filiale marocaine étudie des possibilités de partenariat avec des écoles locales pour drainer les potentiels créatifs et renforcer la filière graphique. « Au Québec, notamment, des efforts importants des autorités ont conduit à la création rapide d’une véritable industrie locale, qui emploie aujourd’hui plus de 5 000 personnes ; la Malaisie est en train de percer dans les images de synthèse. Ce sont des exemples à suivre pour le Maroc », indique M. Vermeil.

Avec la multiplication des ordinateurs, des salles de jeux, des cafés Internet, la jeunesse marocaine développe une forte culture du jeu vidéo, autonome. Haut lieu de la piraterie et de la contrefaçon à Casablanca, le souk de Derb Ghallef permet en effet aux jeunes Marocains de s’approvisionner à très bon marché ; une copie pouvant s’échanger à 1 euro contre 40 euros dans le circuit formel.

Quatrième éditeur indépendant au monde (hors Japon), Ubisoft a enregistré un chiffre d’affaires de 680 millions d’euros pour l’année fiscale 2006-2007. Le groupe, qui emploie aujourd’hui près de 4 000 personnes, compte au total 15 studios de production répartis dans 11 pays. Tandis que le marché mondial du jeu vidéo est en pleine croissance, estimé à 23 milliards de dollars en 2006 (soit plus que le cinéma), le secteur pourrait connaître quelques évolutions au cours des prochains mois. L’acquisition de l’américain Activision par le groupe français Vivendi propulse la nouvelle entité à la première place, attisant du même coup les spéculations pour un rapprochement entre Ubisoft et l’ex numéro un mondial, Electronic Arts.

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