Rien ne va plus entre Lydec et la municipalité de Casablanca

Les Afriques

Le Conseil de la ville reproche à Lydec, filiale marocaine du groupe français Suez, d’avoir failli à ses engagements contractuels tout en versant des dividendes importants à ses actionnaires. Des reproches que récuse en bloc la direction de Lydec.

Le torchon brûle entre la municipalité de Casablanca et Lydec, filiale marocaine du groupe français Suez Environnement, en charge de la gestion déléguée des services d’eau potable, d’assainissement liquide et d’électricité de la capitale économique du Royaume et de la ville de Mohammedia.

En pleine révision du contrat de gestion déléguée, signé entre les parties en 1997, le ton est monté d’un cran et les discussions ont été rompues ; le conseil municipal de Casablanca reprochant au gestionnaire de n’avoir pas tenu ses engagements contractuels, avec un retard du programme d’investissement estimé à 2 milliards de dirhams (environ 200 millions d’euros), tout en versant dans le même temps des dividendes importants à ses actionnaires. Pour la période 1997-2006, ces dividendes se sont élevés à environ 560 millions de dirhams.

Le Conseil de la ville, emporté par Mustapha El Haya, l’élu du parti islamiste modéré PJD (Parti de la Justice et du Développement) a jugé également trop élevées les dépenses consacrées à l’assistance technique, de l’ordre de 833 millions de dirhams. Plus grave, des accusations de destruction de documents ont été portées.

La réponse n’a pas tardé. Par communiqué et  voie de presse, le directeur général de Lydec, Jean Pierre Ermenault, a exprimé son indignation. Concernant les dividendes, le directeur de Lydec a rappelé que l’apport global en capital des actionnaires s’est monté à 800 millions de dirhams et que le versement de dividendes, en moyenne de 66 millions par an, ne couvrait pas l’érosion monétaire. En clair : les actionnaires ne sont pas encore rentrés dans leurs fonds. Sur l’assistance technique, Jean Pierre Ermenault se défend de dépenses somptuaires, inutiles ou inefficaces. La rémunération du savoir faire et de l’assistance technique représentant en moyenne 2,1% du chiffre d’affaires pour les premières années puis 1,8% à partir de 2003. Par ailleurs, Lydec indique avoir réalisé tous les investissements nécessaires à l’amélioration de la continuité du service public. A la demande de l’autorité délégante, c’est à dire du Conseil de la ville, la filiale de Suez a accepté de « geler » les augmentations tarifaires prévues au contrat. « L’écart sur investissement est très inférieur aux pertes de recettes de Lydec résultant des décisions de ne pas appliquer les augmentations de tarifs prévues par le contrat », souligne la direction. « On ne comprend pas très bien ce qu’il se passe, pourquoi, ni où cela va mener (…) Cela fait près d’un an que les discussions sont en cours », explique un consultant français. La revue du contrat se poursuit, mais l’affaire est désormais entre les mains du ministère de l’Intérieur. Une commission de conciliation a été constituée à cet effet.

Pour 2007, Lydec, qui dessert près de 4 millions de personnes, annonce un chiffre d’affaires de 4,85 milliards de dirhams en progression de plus de 2 %, pour un résultat net d’environ 200 millions de dirhams.

De son côté, Veolia Environnement Maroc suit « l’affaire attentivement », indique un responsable. « Ce type d’accord de longue durée est signé avec un certain nombre de clauses de sauvegarde (…) on ne peut pas annuler comme cela un tel contrat », ajoute ce même responsable. Concurrent de Lydec dans le Royaume, Veolia a obtenu la gestion déléguée pour l’eau, l’assainissement et l’électricité des villes de Tanger, Tétouan, Rabat et Salé. Au Maroc, Veolia Environnement dessert près de 3,4 millions d’habitants. Après consolidation de ses filiales, la société vient d’ouvrir son capital à Fipar Holding (groupe CDG) et AIG Infrastructure Fund Holding (Emerging Capital Partners), à hauteur respectivement de 9 et 10%. Le groupe affiche son ambition pour Marrakech, dont le potentiel de croissance d’activité est estimé à plus de 10% par an.

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