Maroc-Tunisie: bataille dans le ciel

Les Afriques

Environ 6,7 millions de visiteurs, 37,4 millions de nuitées et plus de 3 milliards de dinars en devises touristiques (1,7 milliard d’euros) pour la Tunisie en 2007. Quelques 7 millions de visiteurs, 15,8 millions de nuitées et 54,1 milliards de dirhams (4,8 milliards d’euros) de recettes voyages à fin novembre pour le Maroc. Le match Tunisie-Maroc pour capter les millions de touristes européens en quête d’ailleurs est bien entamé. Leurs armes ? Du soleil, pas loin, pas cher, et des vols défiant toute concurrence, grâce à l’afflux des compagnies aériennes charter et low-cost.

Au Maroc, elles sont plus d’une vingtaine de compagnies aériennes régulières (sur un total de 45) à avoir fait leur entrée dans le ciel depuis la libéralisation du secteur aérien en 2004. Deux compagnies battant pavillon national ont été créées : Atlas Blue, filiale de la Royal Air Maroc, et Jet4You, compagnie privée à capitaux marocains et allemand (groupe TUI). Parmi les compagnies européennes, les Britanniques low-cost Ryanair et EasyJet se montrent particulièrement offensives avec des tarifs bas et une forte capacité de commercialisation via internet (95% des ventes), permettant au Maroc de cibler de nouveaux segments. Même le groupe Air France-KLM s’y est mis, en lançant l’été dernier, Transavia.com, filiale charter low-cost à destination des pays du bassin méditerranéen. Au départ de Paris, Transavia propose 6 liaisons vers le Maroc et 3 à destination de la Tunisie.

L’entrée en vigueur en 2006 de l’accord d’Open Sky, signé entre le Maroc et l’Europe, a donné un coup d’accélérateur pour la création de nouvelles dessertes. Aujourd’hui, les grandes villes marocaines comme Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger, Fès et Oujda sont reliées à la France, l’Espagne, l’Italie, le Royaume Uni, la Belgique et la Suisse L’objectif de la stratégie marocaine ? Atteindre les 10 millions de touristes à l’horizon 2010.

Si la Tunisie n’est pas en reste, elle accuse néanmoins du retard dans la constitution d’un pôle aérien low-cost et la libéralisation de son ciel. Sevenair-Tuninter, filiale de la compagnie aérienne nationale Tunisair, ne dessert que 3 destinations internationales : Palerme, Malte et Tripoli. Portée par des hommes d’affaires tunisien et suédois, une nouvelle compagnie low-cost, SBA Tunisia, serait en cours de création. Finalement, ce sont encore les compagnies charters, qui sont les plus dynamiques : les locales Karthago Airlines et Nouvelair, les compagnies françaises Aigle Azur, Transavia, Air Méditerranée, XL Airways, mais aussi allemandes comme HapagFly ou Air Berlin.

« La Tunisie est davantage sur un modèle de tour opérateur intégré (…), qui était un peu le modèle balnéaire marocain d’autrefois », explique Marc Thépot, directeur général d’Accor Maroc. Un tourisme plus « bas de gamme » que celui du Maroc, pour lequel d’ailleurs les recettes voyages sont 2,8 fois moins importantes que celles du Royaume chérifien. Ce modèle bénéficie directement aux tours opérateurs.

En insistant sur le développement de ses capacités d’hébergement, le Maroc comble son retard sur la Tunisie. Avec la libéralisation de son ciel et la multiplication des liaisons directes, le Royaume est en train de prendre la main. D’autant que « l’offre touristique au Maroc est plus diversifiée », concède un opérateur. Pour la première fois, en 2007, le nombre de visiteurs internationaux au Maroc a dépassé celui de la Tunisie.

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