Induver se prépare à l’arrivée des géants

Jeune Afrique

Trois ans avant l’inauguration de Renaut-Nissan à Tanger, l’équipementier marocain double sa capacité de production pour préserver sa position.

La Société industrielle du verre (Induver) n’a pas attendu l’installation de Renault-Nissan à Tanger, prévue en 2011, pour se mettre au diapason. Si une majorité de ses confrères marocains s’inquiète, Rachid Abdelmoumen, 37 ans, attend de pied ferme les équipementiers internationaux que le constructeur français entraînera dans son sillage.
Depuis la rentrée de septembre, sa capacité de production a plus que doublé, pour fournir désormais l’équivalent de près de 200 000 véhicules par an (neufs ou pièces de rechange). La société a investi 40 millions de DH (3,6 millions d’euros) depuis 2000, dont 10 millions dans ce dernier investissement qui porte, avec 50 recrutements ces six derniers mois, les effectifs à 300 salariés. Et la perspective d’un concurrent nommé Saint-Gobain ? « Rien d’officiel. De façon générale, la venue d’équipementiers internationaux au Maroc est une bonne chose, cela permettra de structurer le secteur et de développer le marché », indique crânement le directeur de la société, un chirurgien-dentiste formé en Pologne, une profession qu’il n’a jamais exercée, happé par les affaires familiales à son retour au Maroc.
Induver est le numéro un marocain du vitrage automobile (pare-brise, vitres latérales, lunettes arrière), qui représente 80 % de son activité. Sur un marché très atomisé, il se place loin devant Sotraglace Maroc et Somaver, dirigé par un autre Abdelmoumen, Mohamed. Induver intervient également pour le marché du bâtiment, notamment dans l’immobilier de bureau et le tourisme. Depuis le rachat de l’entreprise à son propriétaire italien, en 1993, Induver connaît une croissance continue de 10 % à 20 % par an en moyenne. Le chiffre d’af­faires devrait dépasser les 160 millions de DH cette année, dont 70 % réalisés localement, dans l’automobile, en hausse de 10 points en un an. Il faut dire que le marché marocain des véhicules particuliers a dépassé la barre des 100 000 ventes en 2007 (103 500, + 23 %) et que la production de la Somaca (groupe Renault) a franchi celle des 40 000 véhicules. L’objectif étant de parvenir à 100 000 à l’horizon 2010.

Marchés de niche à l’export

À l’export, la situation se fait plus difficile. « Ces derniers temps, nous ressentons un tassement de la part des donneurs d’ordre européens, un marché où nous essayons de travailler sur des niches, comme les voitures sans permis, les engins de manutention et les pièces de rechange à travers des partenariats que nous sommes en train de développer avec PSA et General Motors », précise le directeur d’Induver. Mais, pour lui, les difficultés sont ailleurs. « Ce qui nous pénalise énormément, c’est le manque de matières premières. » La société importe la totalité de ses intrants, notamment la feuille de verre float, très gourmande en énergie pour sa fabrication, ou encore les émaux pour la sérigraphie (pour vitres teintées) et jusqu’aux pièces de rechange des machines.

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