Aéronautique: secteur clé pour le Maroc

African Business

Safran

Avec 90 sociétés présentes, le secteur aéronautique marocain devrait connaitre une croissance de 5 à 10% en 2010. L’objectif des autorités est de développer une base industrielle complète.

Le secteur aéronautique marocain devrait connaître une croissance de 5-10% en 2010, puis une « accélération du rythme des relocalisations d’entreprises étrangères à partir de 2011-2012, estime Benbrahim El-Andaloussi, président du Groupement des industriels marocains opérant dans le secteur aéronautique et spatial (GIMAS). Le Maroc est une base perçue avec grand intérêt par nombre de PME ». La croissance était de 10% en 2009 et autour de 20% en moyenne par an précédemment.

 « Nous voulons être à l’Europe, ce que le Mexique est aux Etats-Unis », confie le président du GIMAS. « L’aéronautique au niveau mondial connaît des difficultés à court terme. Mais sur le long terme, les perspectives sont bonnes, les carnets de commande sont pleins sur les 4-5 prochaines années. Plus de 15 000 avions sont à fabriquer dans les 15 prochaines années », indique t-il.

Drainant quelques 400 exposants et 40 000 visiteurs, la seconde édition en janvier dernier du salon AeroExpo à Marrakech a été un succès, marquée par une plus grande affluence des délégations françaises emmenées par les industriels, les Chambres de commerce et d’industrie, mais aussi par les associations professionnelles à l’instar de l’AVIA (l’association Auvergne Valorisation de l’Industrie Aéronautique).

Dans ce contexte, le Maroc revendique une nouvelle compétitivité face aux pays de l’Est, devenus moins avantageux en termes de coûts depuis leur entrée dans l’Union européenne. Face au Mexique également, dont l’éloignement pèse sur les coûts de logistique et les délais de livraison. « Grâce à la proximité avec l’Europe, à la fois sur les plans géographique, culturel et linguistique, on peut monter un site en 7 ou 8 mois au Maroc », souligne Benbrahim El-Andaloussi. La Tunisie ? Elle n’est guère une rivale, semble vouloir faire entendre le Maroc.

« Le développement à l’international, en appui au site principal, est indispensable pour les industries et les PME européennes. A défaut, elles ne pourront pas faire face à la concurrence et à la baisse des coûts (…) En France, Safran continue d’embaucher tout en se développant au Maroc et au Mexique », rassure toutefois le président du Gimas.

Le Smic au Maroc est de 170 euros pour 44 heures hebdomadaires. Et les autorités marocaines estiment qu’en sous traitant dans le royaume un industriel peut gagner jusque 30% en compétitivité.

Dans le royaume, l’aéronautique ce sont aujourd’hui 90 sociétés (60 il y a deux ans), autour des métiers de la maintenance, de la logistique, du câblage, de la mécanique, de la chaudronnerie, de l’assemblage, du traitement de surface et des composites. Ce sont aussi 7 500 employés, un chiffre d’affaires de 800 M€ à l’export et 300 M€ d’investissements sur les cinq dernières années.

Développer les compétences

Parmi les sociétés présentes : Safran (Labinal, Aircelle), EADS, Auvergne Aéronautique (Casablanca Aéronautique), Daher (DL Aerotechnologies), Matis Aerospace, Boeing, Snecma. Sans oublier la Royal Air Maroc (RAM) qui développe un savoir faire technique depuis 50 ans.

Le secteur est principalement développé sur le site de l’aéropôle de Nouaceur, sur 85 hectares près de Casablanca, autour des métiers de la maintenance, de la logistique, du câblage, de la mécanique, de la chaudronnerie, de l’assemblage, du traitement de surface, des composites. L’ambition du Maroc est de développer une base industrielle diversifiée qui comprend les services, les activités d’ingénierie, la R&D. La partie compétences et ingénierie est d’ailleurs en train d’être développée à Rabat par la fondation MASCiR (Moroccan Association for Advanced Science, Innovation and Research). MASCiR regroupe trois organismes : le Triangle de recherche et d’innovation de la vallée du Moyen-Atlas (MAVRIT), l’Institut des nanomatériaux et des nanotechnologies (Inanotech) et l’association Savoir et Développement, regroupant des chercheurs et chefs d’entreprises marocains à l’étranger.

Tout juste en construction, l’Institut de formation dédié aux métiers de l’aéronautique (IMA), en partenariat avec l’Etat marocain, le Gimas et l’Union française des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) devrait ouvrir ses portes fin 2010 pour former des opérateurs, des techniciens et des cadres intermédiaires. Une première promotion de 300 est attendue, qui sera portée à 800 techniciens à l’horizon 2014-2015. Le projet est estimé à 105 millions de MAD (environ 9,25 M€).

La disponibilité des compétences est un enjeu majeur qui conditionne la croissance. En 2010, le secteur aéronautique marocain devrait employer 11 000 personnes. Il fait partie des secteurs industriels clés identifiés par les autorités. Lesquelles font valoir une fiscalité avantageuse, des aides à la formation, des aides à l’investissement et le statut de zone franche de l’aéropôle de Nouceur. En particulier, des bâtiments équipés en connectique notamment sont mis à disposition. Sur le plan fiscal, les entreprises bénéficient d’un taux d’impôt sur les sociétés de 8% sur 25 ans en moyenne, ainsi que d’une exonération totale des charges sociales pendant 24 mois pour un premier emploi, d’un salaire maximum de 550 euros. Des aides sont également accordées à l’installation en prenant en charge 10% d’un investissement limité à 2 millions d’euros.

Le port de Tanger Méditerranée est également un atout. Ses capacités de transport vont passer de 3 millions de containers à 8 millions en 2012. Un industriel peut ainsi livrer l’Europe en deux ou trois jours.

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