Maroc Telecom : Abdeslam Ahizoune, homme de défis

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Aux commandes de Maroc Telecom, Abdeslam Ahizoune entend mettre la technologie à portée de tous. Dans son viseur : l’Afrique, la montée de la concurrence au Maroc et un secteur télécoms en constante évolution.

Président de Maroc Telecom, le premier opérateur télécoms du royaume et filiale très rentable de Vivendi (53%), Abdeslam Ahizoune, 55 ans, est un homme de défis, prompt aux changements.  « Même s’il a atteint un taux de pénétration important, le marché mobile au Maroc continue de croitre. Un deuxième opérateur concurrent vient d’arriver et cherche à faire sa place, ce qui est normal. Notre défi à nous est de conserver notre rang de leader et de faire évoluer la concurrence vers plus de valeur », indique t-il.

Avec 27 millions d’utilisateurs sur une population de 34 millions d’habitants, la téléphonie mobile au Maroc connait un franc succès. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), Maroc Telecom détenait 57,6% de ce marché fin mars 2010. La filiale du groupe français domine également le marché Internet avec 53,80% du marché. Dans la téléphonie fixe, Maroc Telecom détient 35,78% des parts, devancé par l’opérateur Wana.

Si Maroc Telecom fait toujours figure de leader, sa position au niveau national est bousculée ces derniers temps par ses deux compétiteurs, Meditel et Wana Corporate. Tous deux ayant connu de profonds changements récemment. Après le retrait de ses actionnaires historiques Portugal Telecom et Telefonica, Meditel est passé dans le giron de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et du holding Finance.com. De son côté, Wana Corporate a vu l’entrée de l’actionnaire koweitien Zaïn à son capital et surtout le lancement de son offre mobile GSM avec la marque Inwi. La concurrence s’annonce rude. Sur le front de l’Internet, Maroc Telecom entend mettre la technologie à portée de tous, en faisant des efforts conséquents sur les coûts d’accès et la consommation des débits.

Autre défi : l’Afrique. Maroc Telecom y est présent au Gabon, en Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso.  « Nous sommes ambitieux. Il s’agit de réussir nos implantations dans ces quatre marchés. Et nous sommes sur la bonne voie. Nous avons sorti du rouge ces entreprises. Aujourd’hui, elles gagnent leur vie et leur performance s’améliore (…) Mais nous sommes également à la recherche de nouvelles opportunités », souligne Abdeslam Ahizoune.

Faire le bon choix technologique

Le troisième défi est technologique. « Il ne faut pas pénaliser nos clients qui sont en compétition avec le reste du monde pour des questions de technologies, assure le dirigeant marocain. Maroc Telecom a la réputation d’être très innovant sur les technologies. Nous sommes à l’affut de tout ce qu’il y a de meilleur sur le plan technologique. Ce n’est pas toujours facile, on ne peut pas intégrer n’importe quelle technologie dans le réseau, au risque de connaître un arrêt cardiaque et aussi un flop commercial. Le défi est de choisir la bonne technologie, au bon moment, le plus rapidement possible, pour ne pas prendre de retard sur la concurrence (…) Les générations technologiques avancent très vite. Nous avons fait le bon choix du GSM en 1994, avant même la plupart des pays européens ».

Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications de Paris, Abdeslam Ahizoune est un passionné de télécoms, un secteur dans lequel les évolutions et les remises en cause sont perpétuelles. Ministre à deux reprises, dans un gouvernement de technocrates, il a été l’artisan dans les années 90, de la refonte et de la libéralisation des télécoms dans le royaume. Entre 2001 et 2005, il a mené avec succès la privatisation de Maroc Telecom. Un chantier difficile et un travail sur les mentalités pour passer d’un établissement public à une société anonyme, d’un secteur d’ingénieurs en un secteur de vendeurs et de financiers. « Aujourd’hui, la culture d’entreprise privée, de la performance, de l’appartenance prime. Maroc Telecom est une société très performante et rentable. La productivité a fortement augmenté », indique Abdeslam Ahizoune.

Maroc Telecom, qui compte près de 11 000 salariés, a enregistré un chiffre d’affaires de 30,3 milliards de dirhams en 2009, en hausse de 2,8%. Le résultat net part du groupe s’est établi à 9,42 milliards de dirhams. Pour 2010, les perspectives sont encourageantes. Le groupe télécoms a présenté un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 4,3% à fin mars et une croissance de sa base clients de 14%, grâce au développement du mobile, au Maroc et dans les filiales africaines.

« J’ai la chance de travailler dans un secteur qui rend une technologie pacifique, qui rend service à la société. Lorsque l’on lutte contre la fracture numérique, on est dans le développement durable. C’est très satisfaisant sur le plan personnel »,  confie le président de Maroc Telecom. Très occupé la semaine, souvent en déplacement à Paris et sur le continent africain, Abdeslam Ahizoune prend soin toutefois de se réserver quelques moments privilégiés. Il aime à se ressourcer les weekends dans sa province natale de Khémisset, où il pratique la chasse. Un temps mis à profit pour échanger avec les populations locales et plonger dans les différentes couches de la société marocaine. Abdeslam Ahizoune est par ailleurs membre du conseil de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et président de la Fédération royale marocaine d’athlétisme.

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