Le Maroc verrouille l’information sur les événements de Lâayoune

Econostrum.info

Une semaine après le démantèlement du camp de protestataires de Gdeim Izik dressé près de Lâayoune au Sahara occidental et les violentes émeutes qui ont suivi, l’émotion reste vive. Quelques journalistes étrangers commencent seulement à être autorisés à se rendre sur place. 

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 13 novembre à Madrid contre les violences enregistrées ces derniers jours au Sahara occidental et contre « l’occupation » de ce territoire par le Maroc.

Une semaine après le démantèlement du camp de protestataires de Gdeim Izik dressé près de Lâayoune au Sahara occidental et les violentes émeutes qui ont suivi, l’émotion reste vive.

Vendredi 12 novembre, l’Espagne a demandé au Maroc des « éclaircissements » sur ces violences et fait part de sa profonde « préoccupation » mais s’est abstenue de toute condamnation.

José Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement espagnol, qui se trouvait à Séoul pour le G20, a expliqué que « les intérêts de l’Espagne devaient passer en premier » et que « la relation avec Rabat était une question prioritaire, une question d’Etat ».

Le bilan officiel marocain fait état de douze morts, dont dix parmi les forces de l’ordre, et de l’arrestation de 163 personnes.

Mais le Front Polisario, mouvement soutenu par Alger, qui milite pour l’indépendance du territoire, accuse Rabat d’avoir fait des « dizaines » de morts, plus de 4 500 blessés et procédé à plus de 2 000 arrestations au cours des violences à Lâayoune et aussi à Smara, autre ville importante du territoire.

Le 8 novembre, les forces marocaines ont démantelé par la force un camp de tentes où jusqu’à 15 000 Sahraouis s’étaient installées depuis la mi-octobre pour protester contre leurs conditions de vie.

Information verrouillée

Une semaine après ces événements quelques journalistes étrangers commencent seulement à être autorisés à se rendre sur place.

L’envoyée spéciale du Monde a été la première à avoir été autorisée à rejoindre Lâayoune le 10 novembre en fin de journée.

Depuis le 8 novembre, les journalistes espagnols sont systématiquement refoulés, accusés d’une couverture partiale des événements. Luis de Vega, correspondant du quotidien ABC et de la radio espagnole RNE, s’est vu retirer son accréditation.

Au Maroc, les correspondants français accrédités de RFI-Libération, France 24, La Croix ont également été empêchés d’embarquer.

Selon Reporters sans Frontières, une douzaine de journalistes étrangers n’ont pas pu effectuer leur travail.

Pendant quatre jours, à l’exception semble t-il du correspondant permanent marocain de l’Agence France Presse (AFP) à Lâayoune, et dans un climat de grandes tensions, les informations et les images transmises ont été celles des médias officiels et télévisions publiques marocaines.

Des vidéos et photos amateurs, clandestines, filmées par des ONG ou des manifestants, accusant le Maroc, ont également circulé, sans qu’il soit possible de vérifier leur authenticité.

La guerre de l’information ne fait que commencer.

Si le Maroc n’a rien à se reprocher, on peut légitimement se demander pourquoi il a bloqué pendant plusieurs jours l’accès aux médias étrangers ?

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