Le tourisme est en berne au Maroc

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Côte d’El Jadida (photo C. Marot)

Après le printemps arabe, l’attentat de Marrakech est venu porter un coup sévère au tourisme au Maroc. La demande étrangère s’est éteinte. Le complexe touristique de Mazagan est très touché.

A Marrakech, on n’a jamais vu cela. La place Jamaa El Fna est quasi déserte. Dans le souk, les touristes se font rares. « Tout s’est arrêté », explique Ahmed, propriétaire d’une échoppe d’articles en cuir.

Eric, gérant d’une maison d’hôtes, s’inquiète : « Du jour au lendemain, plus un appel, plus une réservation. C’est une catastrophe ».

 Géraldine, installée à Sidi Ghanem, la zone artisanale de Marrakech, confirme : « notre activité de vente de bougies décoratives a baissé de 40% environ (…) Les touristes viennent moins, c’est évident. Même si les autorités disent le contraire ».

Pourtant, l’année 2011 n’avait pas trop mal commencé. A l’exception de la station balnéaire Mazagan.

Bénéficiant d’un report de la demande pour la Tunisie et l’Egypte, en raison des événements politiques, le Maroc avait enregistré une hausse de 10% des arrivées de touristes aux postes frontières entre janvier et avril, selon les chiffres de l’observatoire du tourisme. « Jusqu’à fin avril, on était plutôt sur de bonnes tendances, affirme Marc Thépot, vice président du directoire du groupe Risma Accor. Le Maroc était perçu comme une destination alternative, calme et sans problème ». Le groupe gère les 33 hôtels du français Accor au Maroc, qui vont de l’économique au haut de gamme.

Mais depuis l’attentat du 28 avril, la donne a changé. « On est à moins 30% de RevPAR (revenu par chambre disponible) sur certains de nos hôtels à Marrakech », souligne Marc Thépot, du groupe Risma Accor. Jet4you, compagnie aérienne low cost, constate, elle, une baisse de 11% sur le marché français.

12 000 nuitées annulées à Mazagan

A Mazagan, station balnéaire à 90 km au sud de Casablanca, les « révolutions » ont eu un impact négatif très net. La demande étrangère s’est éteinte.

« Pour nous, la plus grande problématique c’est le printemps arabe ! Parce que justement, cela s’appelle le printemps arabe ! Il y a un énorme amalgame fait par nos clients sur l’ensemble des pays de la sous région. Ils considèrent que ces pays seront touchés par la révolution, tôt ou tard », déplore Marie Béatrice Lallemand, PDG de Mazagan Beach Resort. Depuis la mi-janvier, Mazagan compte 12 000 nuitées annulées.

Pour faire face à cette baisse d’activité généralisée, les autorités ont lancé une campagne « I love Marrakech » destinée à rassurer et mis l’accent sur les villes balnéaires (Agadir, Essaouira Mogador, Saïdia, Mazagan et Tanger). Une campagne promotionnelle vise notamment les vacanciers « last minute » du Benelux. Les hôteliers, restaurateurs, agents de voyages, tentent également de se rabattre sur le tourisme interne et peaufinent leurs offres, à l’approche du Ramadan, en août prochain.

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