Les Marocains disent « oui » massivement à la nouvelle Constitution

Econostrum

 

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Bureau de vote à Casablanca (photo Christelle Marot)

Sans surprise, les Marocains ont voté à une large majorité pour le « oui » au référendum sur le projet de révision constitutionnelle. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 98% des votants ont approuvé le projet. Des résultats communiqués dès vendredi, avant même que les Marocains résidant à l’étranger (MRE) aient pu finir de s’exprimer. Les MRE avaient en effet jusque dimanche soir pour voter dans l’un des 527 bureaux mis à disposition à l’étranger.

Selon les premiers chiffres, le taux de participation a atteint 73,4% : la région de Oued Eddahab-Lagouira arrive en tête (92,19%) ; le Grand Casablanca a en revanche enregistré la plus faible participation (57,17%). Les chiffres définitifs devraient être connus dans la journée.

A l’international, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a salué samedi la volonté de réformes du roi du Maroc, devenue « une référence pour beaucoup d’autres pays ». Le président français Nicolas Sarkozy a également félicité le roi Mohamed VI et exprimé le souhait « que le Maroc rejoigne le partenariat de Deauville qui vise à soutenir concrètement les pays arabes engagés dans une transition démocratique ».

Malgré l’approbation de cette nouvelle Constitution, des milliers de manifestants, emmenés par le mouvement du 20 Février, sont sortis dimanche 3 juillet dans plusieurs grandes villes du Maroc pour exiger plus de réformes politiques. « Mamfakinch (nous ne lâcherons pas) », ont notamment scandé les manifestants, réclamant plus de liberté, de dignité et de justice sociale. Les contestataires avaient appelé au boycott du référendum. Un scrutin organisé dans la précipitation, qui avait interpelé nombre d’observateurs.

Cette nouvelle Constitution renforce le rôle du Premier ministre tout en conservant au Roi la main haute sur les pouvoirs politiques et religieux. Parmi les avancées : la reconnaissance de l’amazigh comme langue officielle aux côtés de l’arabe et la constitutionnalisation des droits humains, en particulier l’égalité hommes femmes.

« Je suis sceptique quant au fait d’utiliser le droit pour dire que l’on est plus démocratique. Il ne faut pas confondre Etat de droit et démocratie, ce sont deux choses différentes », tempère Jean Zaganiaris, politologue, enseignant-chercheur au Centre de recherche sur l’Afrique et la Méditerranée (Ceram), rattaché à l’Ecole de gouvernance et d’économie de Rabat.

« Sur l’égalité hommes femmes, il y a un bémol, souligne par exemple Abdessamad Dialmy, sociologue, rattaché à l’université Mohammed V de Rabat. Cette égalité se fait dans les constantes de la nation, à savoir l’Islam. Maintenant, on attend de voir. On attend de voir si le code de la famille que l’on vante tant depuis 2004, sera réformé ».

Le défi est bien là : mettre en pratique les grands principes énoncés par cette nouvelle Constitution.

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