A Cotonou et à Tunis, deux écoles à suivre

Jeune Afrique

 

L’African School of Economics, au Bénin, et l’Espima Business School, en Tunisie, viennent d’ouvrir leurs portes.

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L’Espima Business School, photo Ons Abid pour JA

À Abomey-Calavi, sur la rive ouest du lac Nokoué, au Bénin, le campus flambant neuf de l’African School of Economics (ASE) n’est pas encore sorti de terre. Mais l’excitation de la première rentrée suffit à doper Léonard Wantchékon, fondateur de l’établissement et professeur d’économie politique à l’université américaine de Princeton.

 

Ambitions internationales

La première partie de son pari semble gagnée : l’ASE est placée sous le signe de l’ouverture. Sur les 80 étudiants inscrits en master d’économie, de mathématiques et de statistiques, ainsi qu’en MBA, moins de la moitié sont béninois. Les autres sont issus d’une douzaine de pays africains : Cameroun, Burkina Faso, Togo, Congo, Ouganda, Tanzanie, etc.

Pour affirmer ses ambitions internationales, l’école donne la majorité de ses cours en anglais et a passé des accords avec une dizaine d’universités dans le monde : Princeton bien sûr, mais aussi Montréal, Ottawa, Toulouse, Namur, Mexico, Moscou.

Dans deux ans, l’université privée entend proposer quatre masters, deux MBA, deux programmes de doctorat en économie et en management. Et une fois ses professeurs doctorants formés, elle prévoit l’intégration de près de 2 000 étudiants en premier cycle (dans quatre ou cinq ans).

« L’objectif est d’offrir une formation aux standards internationaux avec comme fondations les mathématiques, les statistiques et la microéconomie, comme on peut le trouver à la London Business School. Nous comptons également créer une formation axée sur l’histoire et la culture de l’Afrique », explique Léonard Wantchékon. leaders.

Pour cet ancien activiste politique béninois emprisonné dans les années 1970, il est nécessaire de « former les leaders de demain, des gens compétents, honnêtes, patriotes. Nous avons aussi besoin d’économistes de haut niveau pour concevoir les politiques publiques et participer au débat sur le développement de l’Afrique ».

Le projet de l’African School of Economics est estimé à 14 millions de dollars (11 millions d’euros) sur cinq ans, financé pour moitié sur fonds propres, avec le soutien de l’université de Princeton, de la Banque mondiale, de la banque espagnole Santander à travers la fondation Women for Africa et de la compagnie de télécommunications SES au Luxembourg.

Pour les étudiants en master, la scolarité représente un sérieux investissement : entre 5 500 et 7 000 euros par an. Afin de garantir un minimum de mixité sociale, la Banque mondiale offre des bourses à 15 % des étudiants.

Une idée venue avec la révolution

Installée sur les Berges du lac, à Tunis, l’Espima Business School (EBS) a également fait sa première rentrée en septembre avec une centaine d’étudiants. Objectif : pallier le manque d’ouverture des formations universitaires sur l’entreprise.

« L’idée de créer cette université avec plusieurs associés, universitaires et hommes d’affaires tunisiens est venue avec la révolution, la fin du régime Ben Ali », explique Abderraouf Najar, président de l’EBS. L’homme n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a ouvert, il y a une dizaine d’années à Paris, l’Institut de formation initiale et continue en informatique.

D’ici trois ans, l’Espima Business School espère accueillir 400 étudiants sur son propre campus.

En proposant aux étudiants de partir en stage trois mois par an, en développant les formations en alternance et en demeurant à l’écoute des besoins du monde du travail, l’établissement, dont la scolarité coûte 3 000 euros par an en master, ambitionne de créer des passerelles avec les entreprises.

L’équipe professorale compte aujourd’hui une cinquantaine de membres, dont une dizaine de permanents. L’EBS profite notamment de partenariats avec le London College of International Business Studies et l’université Potomac de Washington.

Coût du projet : 1 million d’euros pour la location des locaux et les frais de fonctionnement cette première année. D’ici trois ans, l’école espère accueillir 400 étudiants sur son propre campus. Des négociations sont en cours avec des fonds d’investissement pour boucler le financement.

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