COP 21 : « Dans les transports, les solutions existent, mais elles doivent encore être généralisées »

Econostrum

flotte Twizy

Flotte de Renault Twizy, bi-place électrique (photo Renault)

Entre réglementations, fixation d’un prix carbone et politiques volontaristes, les entreprises françaises aimeraient que la COP 21 donne des orientations.

A quelques semaines de la Conférence de Paris sur le climat, les entreprises françaises se placent en ordre de bataille. « Nous savons faire la décarbonation, mais il faut maintenant que ces solutions se déploient plus rapidement. C’est une question de rythme, de coût d’investissement, de mode de financement et de prise de décisions des acteurs. Il faut des politiques ! Les entreprises ont investi pour développer des solutions et peuvent continuer à le faire, mais à condition de voir des perspectives concrètes de marché », indique Claire Tutenuit, délégué général de l’Association française des entreprises pour l’environnement (EPE). Dans le transport, face aux enjeux environnementaux (pollution, congestion, nuisances sonores) et économiques (hausse du coût du carburant, dépendance énergétique), les entreprises ont développé des solutions, voire des projets pilotes, qui demandent à être généralisés. Le groupe Bolloré teste ses solutions mobiles de stockage d’électricité solaire en Afrique. En Ile de France, la RATP prévoit de supprimer les bus au diesel, de convertir tout son parc à l’électrique et au biogaz d’ici 2025. Une stratégie qui permettrait de diminuer de 50% son bilan carbone.

Renault pionnier dans la mobilité des véhicules électriques

Depuis huit ans, Renault investit massivement dans la mobilité de véhicules électriques. « Il s’agit d’une option stratégique. D’autres constructeurs font d’autres choix. Aujourd’hui, 70% de nos dépenses de recherche et développement concernent des thématiques environnementales. C’est considérable (…). La COP 21 sera un succès si les entreprises peuvent montrer qu’elles proposent des solutions pour réduire l’impact du réchauffement climatique », souligne Claire Martin, directrice RSE de Renault.Introduire sur le marché un véhicule électrique implique une transformation de l’écosystème : il ne s’agit plus de vendre seulement un véhicule, mais de monter des partenariats avec d’autres entreprises privées productrices d’électricité, des constructeurs de batteries, des installateurs de réseaux de recharge. « Cela demande également de conclure des partenariats privés publics, de s’entendre avec les collectivités pour développer les bornes de recharges et les parkings. Pour rester cohérent, il faut développer la production d’électricité verte, renouvelable, ajoute Claire Martin. De plus en plus de pays voient leur capacité de production d’énergie renouvelable augmenter et prennent en compte les enjeux de pollution urbaine. Cela fait quatre ans que nous commercialisons des véhicules électriques et nous voyons déjà les lignes bouger. La COP 21 peut jouer un rôle d’accélérateur ».

Renault entend réduire son empreinte carbone de 3% par an. Dans la région Méditerranée, les usines dernières nées à Tanger en 2012 et Oran en 2014 sont exemplaires : alimentation en énergie renouvelable à partir de l’éolien et de la biomasse, réduction des consommations des sites en énergie thermique de 30 à 35%, aucun rejet d’eaux usées d’origine industrielle dans le milieu naturel, etc. Ainsi, par rapport à une usine équivalente de 400 000 véhicules par an, les émissions de CO2 du site de Tanger sont réduites de 98%.

D’énormes besoins dans les transports

Aujourd’hui, le transport mondial représente 14% des émissions globales de gaz à effet de serre. La branche automobile est scrutée à la loupe depuis le scandale Volkswagen. D’ici à 2050, le secteur des transports s’apprête à connaître une croissance considérable, alimenté par l’essor économique et démographique des pays émergents. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit une hausse de 80% du transport de personnes et une augmentation de 50% du transport de marchandises.

« Les entreprises aimeraient que la COP donne des orientations. Il existe d’énormes besoins de réglementations dans les transports, où apparaissent à la fois de nouveaux véhicules et de nouveaux carburants, notamment les véhicules électriques ou fonctionnant avec de l’hydrogène, de nouvelles technologies, de nouvelles motorisations (…). La réglementation sur les émissions des voitures fait évoluer tout le secteur des transports. Il faut aussi mettre un prix sur toutes les émissions de carbone, que ce prix soit perceptible et prévisible pour influencer les investissements industriels », souligne Claire Tutenuit de l’Association EPE.

 

 

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