Veolia: « Nous souhaitons que la question du méthane soit prise en compte lors de la COP 21 »

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Valorisation du méthane (photothèque Veolia, Nicolas Vercellino)

A l’approche de la COP 21, les opérateurs du secteur de l’eau, de l’énergie et de la construction plaident pour l’instauration d’un prix carbone et la valorisation du méthane.

 » Villes intelligentes  » pour réduire les gaspillages, économie circulaire pour recycler les déchets, valorisation du méthane émis par les décharges, efficacité énergétique : dans les villes, au Nord comme au Sud de la Méditerranée, les innovations se déploient pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le secteur de l’habitat représente près de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Des gaz émis lors de la production des matériaux de construction et lors de l’utilisation des combustibles fossiles pour l’éclairage. A cela s’ajoute le secteur de la production d’énergie qui génère 35% des émissions de GES mondiales.

Face aux enjeux, les opérateurs économiques français du secteur de l’eau, de l’énergie ou de la construction, se sont engagés à réduire leurs émissions. Le groupe Lafarge, notamment, a annoncé vouloir réduire de 33% ses émissions de CO2 par tonne de ciment d’ici 2020 par rapport à 1990. Au Maroc, les usines du cimentier fonctionnent déjà avec de l’énergie éolienne. Le parc de Tétouan est ainsi certifié comme projet Mécanisme de développement propre par les instances de l’ONU, conformément au Protocole de Kyoto.

À l’approche de la COP 21, les entreprises françaises plaident pour une standardisation des pratiques et l’instauration d’un prix carbone. « Si nous faisons de l’efficacité énergétique par exemple sans prix du carbone, il existera un effet rebond : les gens chauffent plus, voyagent plus, habitent plus loin de leur travail », souligne Claire Tutenuit délégué général de l’Association française des entreprises pour l’environnement (EPE).

Le CO2 n’est pas le seul gaz de réchauffement

Présent dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie, Veolia a fixé son propre prix carbone qui devrait atteindre 31 € la tonne à l’horizon 2020. Il s’agit d’un prix théorique qui permet d’intégrer les émissions de CO2 dans les décisions d’investissement. À l’horizon 2020, Veolia s’est engagé sur une réduction de 100 millions de tonnes équivalent CO2 sur ses propres exploitations et sur une diminution de 50 millions de tonnes de CO2 évitées, à travers les solutions apportées à ses clients, en recourant notamment à l’économie circulaire.

Reste que le CO2 n’est pas le seul gaz de réchauffement. Sur une période de vingt ans, le méthane a un pouvoir de réchauffement quatre vingt fois supérieur au CO2. « Nous souhaitons que la question du méthane soit prise en compte lors de la COP 21, à la fois quant à la réalité de son pouvoir de réchauffement et d’autre part que le captage et la valorisation du méthane soient intégrés dans les politiques publiques. Surtout que le méthane est un gaz très facile à stocker et à valoriser contrairement au CO2 », indique Pierre Victoria, directeur du développement durable de Veolia.

Le troisième émetteur de méthane après les secteurs pétrole/gaz et vaches/riziculture, restent les centres de stockage de déchets. « Pour le CO2, les pays en développement rappellent qu’ils sont peu émetteurs comparé aux pays développés. En revanche, le méthane concerne tous les pays, quelque soit leur niveau de développement. Il existe des centres de stockage de déchets partout dans le monde. Il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience quant à l’intérêt du méthane, c’est un sujet émergent. Le coût bénéfice est très important par rapport à d’autres politiques publiques ou financements. Et nous avons des solutions concrètes à apporter », ajoute le directeur de développement de Veolia. En premier lieu, Veolia s’engage à capter plus de 60% du méthane émis par les centres de stockage de déchets gérés à travers le monde.

L’une des difficultés de la COP 21 demeure l’arbitrage entre les différentes solutions, entre financements des actions et la demande express des pays en développement de recevoir de l’aide pour se mettre à niveau vis-à-vis des différents standards.

Dans ce contexte, les opérateurs du secteur souhaiteraient que la captation du méthane puisse être éligible à des financements ciblant les pays en développement, comme le Fonds Vert pour le climat doté de 100 mrds$ (88 mrds€).

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