Start-up Afrique: la voie royale du financement participatif

Le Point

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Le lampadaire de Sunna Design crée par Thomas Samuel. © DR

Depuis octobre 2014, en France, les particuliers peuvent prêter aux entreprises avec intérêts par le biais de plateformes agréées. Une vraie aubaine pour les start-up.

Fondateur de Sunna Design, start-up bordelaise créée en 2011, Thomas Samuel ne cache pas son enthousiasme. Grâce à Lendosphere, plateforme de crowdlending consacrée au développement durable, il espère lever 100 000 €, puis monter jusqu’à 500 000 €, pour accompagner son développement en Afrique, notamment au Sénégal et au Bénin. Pour électrifier les villages africains, Sunna propose un Nanogrid, mini-réseau électrique pouvant alimenter quatre foyers grâce à un lampadaire solaire. Cette solution permet d’éclairer l’intérieur des maisons et de recharger de petits équipements électroniques comme les téléphones mobiles ou les radios. Sunna Design a massivement investi dans la recherche et développement pour mettre au point des lampadaires solaires durables et supportant des chaleurs extrêmes. Pour un ménage africain, le coût de la connexion revient à 200 euros. « L’objectif est de lever des fonds pour préfinancer les installations », indique Thomas Samuel, diplômé en génie des systèmes industriels. Les prêteurs bénéficieront d’un taux brut annuel de 6 % garanti. Et les projets soutenus sont susceptibles de bénéficier de crédit carbone, en ce sens qu’ils évitent l’utilisation de lampe à kérosène.

La fin du monopole des banques a ouvert de nouvelles perspectives

« Depuis octobre 2014, en France, les particuliers peuvent prêter aux entreprises avec intérêts, par le biais de plateformes agréées. Avant, seules les banques avaient le monopole (…) Les particuliers peuvent flécher leur épargne vers des projets auxquels ils croient, de façon rentable. Et pour les porteurs de projet, c’est une nouvelle voie de financement », explique Amaury Blay, cofondateur de Lendosphere. Le financement participatif prendre plusieurs formes : le don (avec ou sans rétribution), le prêt ou crowdlending, l’equity et le co-investissement (real estate crowdfunding). Pour accompagner les start-up et PME en Afrique, le financement participatif, crowdfunding et crowdlending, se développe. Alors que les banques locales sont réticentes à financer l’innovation, c’est une nouvelle façon de lever des fonds, tout en fédérant une communauté. Le public visé est celui qui donne habituellement aux ONG, un public jeune, familier des concepts d’entrepreneuriat social. Outre la rémunération, garantie ou pas, de leur placement, les contributeurs peuvent défiscaliser une partie de leur placement. En 2014, la société de capital risque solidaire Garrigue a inauguré le mouvement en lançant Fonds Afrique pour le développement (Fadev), premier site de crowdfunding à destination de l’investissement solidaire dans des PME africaines. Le Fadev est soutenu par l’AFD, I&P, Crédit agricole et le Crédit coopératif notamment. Depuis, le financement participatif pour soutenir des projets en Afrique fait des émules.

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Le système de Sunna Design : un mini réseau électrique pouvant alimenter quatre foyers grâce à un lampadaire solaire © DR

Les plateformes de crowdfunding se multiplient

Station Energy, start-up spécialisée dans les micro-infrastructures électriques en Afrique (pompage solaire, chambre froide solaire, boutiques multiservices, etc.), a lancé Sun Cities en octobre 2015, plateforme de crowdfunding pour faire du leasing d’infrastructures, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso. Les clients sont de petites coopératives agricoles, de petites entreprises, des mairies qui n’ont pas la capacité financière immédiate. Sun Cities, propriétaire des infrastructures, les loue pour une longue durée avec option d’achat. « Nous avons d’abord cherché des solutions de financement local, mais les banques de détail ont du mal à financer les projets en milieu rural et les projets de taille modeste. Elles ont du mal à financer l’innovation, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables. Ou alors elles demandent des cautions bien supérieures à nos propres besoins de financement. Sans recours au crowdfunding, c’était sans solution », explique Alexandre Castel, fondateur de Station Energy, ingénieur de formation et diplômé de HEC. Via Sun Cities, l’objectif est de lever 500 000 euros sur la première année. À charge ensuite pour Sun Cities d’aller se faire refinancer auprès de banques de développement, type BAD ou BOAD, lorsqu’elle aura atteint un volume critique.

En 2015, 34,4 milliards de dollars ont été récoltés sur les plateformes de crowdfunding dans le monde, un chiffre multiplié par près de 7 en quatre ans (5 milliards en 2011). Le secteur pourrait atteindre 1 000 milliards en 2020, selon une étude de l’observatoire Alptis. Aujourd’hui, l’Europe concentre 48 % de l’activité des plateformes, suivie par l’Amérique du Nord (30 %). Avec 19 plateformes, l’Afrique représente 1,5 % des fonds levés.

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