Maroc: Coup d’accélérateur dans la filière solaire

Green Univers

noor-atlas-1

Centrale solaire Noor à Ouarzazate (DR)

Près de sept ans après le lancement d’un plan ambitieux qui vise à produire 2 gigawatts grâce au soleil, la filière solaire se met en place au Maroc sous les auspices de l’agence publique Masen, pilote de la stratégie. Les premiers appels d’offres pour la construction des centrales solaires Noor à Ouarzazate ont privilégié les technologies du solaire thermique. Il s’agit aujourd’hui de développer d’autres procédés CSP ou technologies issues du photovoltaïque pour produire de l’électricité, mais pas seulement. Là que la recherche et développement entre en jeu. Masen a ainsi signé en juillet dernier un accord de collaboration d’1,5 million d’euros avec le Commissariat français à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), afin d’étudier le vieillissement des centrales solaires CSP et développer une usine de dessalement à énergie solaire. Déjà présent au Maroc dans les câbles automobiles, le Japonais Sumitomo s’est également associé à Masen au printemps dernier pour lancer un projet pré-industriel de centrale pilote de 1 MW recourant au photovoltaïque à concentration.

En parallèle, depuis 2012, l’Institut de recherche
en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) lance des appels à projets pour financer de la recherche appliquée entre les industriels et les universités marocaines ou structures de recherche. Dans son pipe : 40 projets innovants financés à hauteur de 20 millions d’euros, impliquant 540 chercheurs et doctorants. L’Iresen a été fondé par Masen, le ministère de l’énergie, l’Office nationale de l’électricité (ONEE), Nareva, Managem et l’OCP. « Les premiers sujets ont porté sur le solaire thermique à concentration, notamment pour produire de la chaleur, de la vapeur, du froid pour des applications industrielles voire résidentielles, pour le séchage industriel. Nous avons ensuite élargi aux technologies support du solaire, à savoir le stockage thermique et électrochimique, la gestion intelligente des réseaux. Puis nous avons rajouté la technologie photovoltaïque et ses applications pour le traitement de l’eau, le dessalement », précise Badr Ikken, directeur de l’Iresen.

Dans ce cadre, la start-up franco-américaine HeliosLite a pu bénéficier des financements de l’Iresen et développe aujourd’hui des trackers sur la plateforme solaire Green Energy Park à Ben Guerir. Sur ce parc de 3000 m2 dédié au solaire, on trouve aussi des Coréens, des Américains, venus tester leurs modules. De son côté, Azolis, filiale de la société française Aqylon, travaille sur la climatisation et la production de chaleur. « On aurait pu faire cette R&D en France, mais ce ne sont pas les mêmes budgets, tout coûte beaucoup plus cher. Ici, l’Iresen paie directement les chercheurs et les doctorants. L’institut finance aussi une partie de l’équipement. Les budgets sont compris entre 50 000 et 100 000 euros : ce n’est certes pas la même échelle qu’en France, mais cela permet de réaliser et de tester des prototypes dans des conditions d’ensoleillement qu’on ne retrouve pas ailleurs », souligne Guillaume Jeangros, co-fondateur d’Aqylon, installé à Casablanca. Les entreprises étrangères sont financées au même titre que les entreprises marocaines, entre un et deux tiers de leurs besoins, afin d’encourager le transfert de savoir-faire. Des projets financés sur fonds marocain, européen (Morsef avec la BERD) ou français (Sunref avec l’AFD). A partir de 2017, l’Iresen financera aussi des projets d’incubation, que l’Allemagne et l’Espagne pourraient vouloir soutenir, assure le directeur de l’Iresen.

A cheval entre la R&D et l’industrie, un cluster solaire a par ailleurs été créé à Casablanca pour fédérer l’ensemble des acteurs du secteur, industriels, sociétés de services, bureaux d’études. « L’idée est de créer un véritable écosystème autour de la production d’énergie de source renouvelable », souligne Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen.

Niveau ressources humaines, le Maroc se prépare. Depuis septembre 2015, à Oujda, l’institut IFMEREE, soutenu par la GIZ, l’AFD et l’Union européenne, forme des techniciens aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ; des électriciens, électromécaniciens, installateurs. «  C’est aujourd’hui le plus gros centre de formation dans cette filière sur le continent. Il s’agit de répondre aux besoins à venir du Maroc, mais aussi de l’Afrique », indique Mohammed Semmaa, directeur de l’institut. Au Maroc, après la moyenne et haute tension, un boom du photovoltaïque est attendu avec l’ouverture prévue du marché d’énergie électrique de basse tension. L’application de la loi sur l’efficacité énergétique devrait également générer une forte demande dans le bâtiment.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s